mercredi 3 avril 2013

Les chaines du Léviathan, Jonathan Brassard

 
Les chaines du Léviathan

Jonathan Brassard



Les nouvelles éditions Coups de tête lancent de nouvelles parutions ce printemps avec un look légèrement différent et une nouvelle mission : publier du roman noir, sous toutes ses formes.

J'ai donc aborder le roman Les chaines du Léviathan avec beaucoup d’attentes, car le résumé était des plus intrigants : dans un champ, près de Rimouski, un géant de 26 mètres de long, qui a émergé du fleuve, est couché. Toujours vivant, il ne bouge presque pas et est enchaîné pour l’empêcher de retourner vers le fleuve et de tout détruire sur son passage. C’est dans ce champ que Charles Saint-Laurent fera un pari ridicule dans un jeu inventé par lui et ses amis : le perdant du jeu devra porter un manteau de jeans et des bas-culottes pour le restant de ses jours, sauf à la maison. Charles perd et entend honorer sa parole.



Il est ostracisé, d’abord par les gens de sa ville natale, ensuite par les Montréalais, qui peinent à accepter sa différence, malgré tout le multiculturalisme de la métropole. Jusqu’à ce que Charles rencontre un documentariste et que tout s’enchaîne pour qu’il se libère de ses propres chaines.



Disons-le d’emblée : le roman est excellent. La présence du Léviathan nous amène dès le début dans un univers légèrement décalé qui laisse plus facilement accepter l’obstination de Charles à porter son accoutrement ridicule pendant des années. Il y a une grande absurdité dans le roman, mais dirigée avec tant de doigté que le lecteur est happé et se laisse à croire que le ridicule de la situation est logique et acceptable. Mais surtout, l’auteur nous amène, de sa plume habile, à nous attacher à Charles et à le voir avec un sourire en coin, avec un mélange de pitié et d’envie de le secouer pour qu’il se réveille.



J’ai vécu un bon moment de lecture et j’espère relire la plume de Brassard dans un avenir rapproché. Bref, une belle découverte.

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