mercredi 10 avril 2013

Sympathie pour le destin, Alain-Ulysse Tremblay

La saga hyper-réaliste d'Alain-Ulysse Tremblay continue!


Carl Hébert se réveille un matin le pied tellement enflé qu'il ne peut plus marcher! Il se retrouve à l'hôpital, où il rencontrera Elvis (La vie d'Elvis) et Monique (La valse des bâtards), ainsi qu'une galerie de personnages, qui seront prétexte à ses réflexions sur la vie, la sienne et celle des autres.

À travers les examens, les visites de sa famille, ses conversations avec Elvis, Carl réfléchit et trace son bilan. On ne peut résumer plus, si ce n'est que la fin est saisissante!

C'est toujours l'écriture douce mais musclée de Tremblay qu'on retrouve dans ce roman. Plutôt que d'être au "je" comme "La vie d'Elvis", on est ici au "il", mais du point de vue de Carl, un peintre qui voit la vie en couleurs.


Le roman nous offre aussi une réflexion sur la vie d'artiste, sur la mort, la maladie, l'adultère...

Comme pour les 2 romans précédents, ça se lit comme un charme, et le drame est toujours aussi intéressant. C'est plaisant de voir du drame et de l'émotion dans une histoire mettant en scène des hommes, tous virils qu'ils soient, mais qui nous parlent avec beaucoup de sentiments dans la voix.

lundi 8 avril 2013

Big Will, Alain-Ulysse Tremblay

Comment dire... WOW!
Soufflé. Transporté. Flabergaster. Abasourdi.

Big will, d'Alain Ulysse Tremblay, est l'un des rares romans que je n'ai pas réussi à lâcher une fois commencé.

Big Will, c'est le nom d'un personnage secondaire rencontré dans "La vie d'Elvis" et "Sympathie pour le destin". Amérindien Cree de la Baie James, il fait sa vie, après quelques meurtres (justifiés) dans son village, il se sauve, avec Yago, un peu plus jeune que lui, dont il vient de tuer le père.

Ils travailleront dans un bar ambulant, le Paradis, sillonnant le nord du Québec pendant plusieurs années, avant que Big Will ne se retrouve sur un pétrolier, à l'autre bout du monde, jusqu'à son retour au Québec, où sa quête d'identité le portera finalement à Sept-Iles et aux États-Unis, à la recherche des bêtes de son passé. Will se sent investi par le Wendigo, bête sanguinaire du folklore amérindien, et il hallucine que les fantômes des gens qu'il tue le suivent et lui veulent du mal. Mais détrompez-vous: ce n'est pas une histoire de fantôme ni un récit fantastique, car Will y croit, lui, à ces fantômes.

Pour lui, ils sont réels.

Nous suivrons Will sur une bonne partie de sa vie d'adulte, (mais pas jusqu'à la rencontre avec les personnages que nous connaissons déjà), et le drame sera toujours enlevant, palpitant et poignant.

Le roman est excellent, mais c'est lors de l'épilogue, où l'auteur prend la parole à la place du narrateur pour nous expliquer qui était réellement Big Will que le récit prend tout son sens, qui transcende le roman même pour devenir une partie du réel.

Des romans comme ça, on en prendrait n'importe quand.

mercredi 3 avril 2013

Les chaines du Léviathan, Jonathan Brassard

 
Les chaines du Léviathan

Jonathan Brassard



Les nouvelles éditions Coups de tête lancent de nouvelles parutions ce printemps avec un look légèrement différent et une nouvelle mission : publier du roman noir, sous toutes ses formes.

J'ai donc aborder le roman Les chaines du Léviathan avec beaucoup d’attentes, car le résumé était des plus intrigants : dans un champ, près de Rimouski, un géant de 26 mètres de long, qui a émergé du fleuve, est couché. Toujours vivant, il ne bouge presque pas et est enchaîné pour l’empêcher de retourner vers le fleuve et de tout détruire sur son passage. C’est dans ce champ que Charles Saint-Laurent fera un pari ridicule dans un jeu inventé par lui et ses amis : le perdant du jeu devra porter un manteau de jeans et des bas-culottes pour le restant de ses jours, sauf à la maison. Charles perd et entend honorer sa parole.



Il est ostracisé, d’abord par les gens de sa ville natale, ensuite par les Montréalais, qui peinent à accepter sa différence, malgré tout le multiculturalisme de la métropole. Jusqu’à ce que Charles rencontre un documentariste et que tout s’enchaîne pour qu’il se libère de ses propres chaines.



Disons-le d’emblée : le roman est excellent. La présence du Léviathan nous amène dès le début dans un univers légèrement décalé qui laisse plus facilement accepter l’obstination de Charles à porter son accoutrement ridicule pendant des années. Il y a une grande absurdité dans le roman, mais dirigée avec tant de doigté que le lecteur est happé et se laisse à croire que le ridicule de la situation est logique et acceptable. Mais surtout, l’auteur nous amène, de sa plume habile, à nous attacher à Charles et à le voir avec un sourire en coin, avec un mélange de pitié et d’envie de le secouer pour qu’il se réveille.



J’ai vécu un bon moment de lecture et j’espère relire la plume de Brassard dans un avenir rapproché. Bref, une belle découverte.

lundi 1 avril 2013

Un chien de ma chienne, Mandalian


Le numéro 14 de la collection Coups de tête: un polar nouveau genre!
Je poursuis ma mission de commenter tous les romans de la collection Coups de tête avec le numéro 14. J'avais lu Un chien de ma chienne à sa sortie, en 2009 et j'en gardais un souvenir mitigé. En fait, pas mal tous les romans de cette saison du printemps 2009 de Coups de tête m'ont laissé un souvenir flou. Mais allons-y un livre à la fois!
Évidemment, plutôt que de commenter le livre à partir de mes souvenirs, j'ai relu le livre. C'est bien l'avantage des courts romans d'environ 100 pages!


Donc, Un chien de ma chienne met en scène François, qui se fait frencher par une jolie fille à l'extérieur du party, une dénommée Francesca, qu'il perdra de vue... mais il décidera de la suivre, allant même jusqu'à prendre l'autobus pour Sherbrooke, où ses amis le remettront sur la piste de la jolie, dans une maison de production de drogue dans la forêt Sherbrookoise. François et Francesca se rencontreront et cette rencontre changera la vie de François...
La structure du roman est simple: un prologue et un épilogue avec narrateur extérieur, qui présentent la même scène mais avec plus de détails dans l'épilogue, et le roman proprement dit est narré avec un "je" qui est François. Il parle en courte phrase syncopées, souvent sans sujets (il va directement au verbe) et nous raconte ce qu'il voit et agrémente le tout de commentaires.
Ce n'est pas désagréable de partager ses pensées, même si parfois il peut paraître antipathique, ce qui le rend plus humain. François est littéralement obsédé par Francesca, mais il ne se doute pas que cette dernière et Jacques, une connaissance de François qu'il croise à Sherbrooke, ont une longue histoire qui explique bien des agissements.


Un chien de ma chienne est un roman qui n'est pas mauvais, mais qui se termine par la mort du "je" narrateur... Dans un polar, c'est étrange et légèrement déplacé, considérant que le narrateur nous dit lui même qu'il meurt. Ce genre de finale dans un roman fantastique demeure possible, mais dans un polar... L'autre truc qui accroche, c'est la quantité de fils qui pendent encore à la fin, sur les relations entre Francesca et Jacques, par exemple, et le pourquoi des morts, qui n'est pas claire.
Sinon, lorsqu'on s'est habitué au rythme des phrases et à la structure du parlé de François, c'est une lecture divertissante, trash, baignée d'alcool, de drogue et de fornication, dans la pure tradition Coups de tête.