jeudi 28 mars 2013

Sa propre mort, André Marois



Un roman policier à lire.
Clara est une jeune femme brisée par la vie: elle a quitté Montréal pour Paris dans l'intention d'oublier ce qui lui est arrivé. Elle a fuit, même si Internet n'est jamais bien loin. Dans un monde où les réseaux sociaux permettent de tout partager, Clara se tient loin de ces bêtes que sont Youtube, Facebook, Twitter, Pinterest et tutti quanti. 


Mais la venue de son frère à Paris l'amène à élaborer un plan pour se venger. Grâce au compte de son frère sur Facebook, elle réussit à glaner des informations intéressantes sur ceux qui l'ont brisée. Elle retrace ainsi A et B, les deux compables, et décide de les éliminer. Le premier aura l'air de s'être suicidé, le second aura l'air de s'être fait tué. Le message sera clair, quitte à ce que Clara se fasse pincé. Mais voilà: en mourrant, B révèle qu'il y a quelqu'un d'autre d'impliqué, quelqu'un qui a dirigé les gestes de A et B.
Clara repart en quête pour éliminer ce troisième larron, non sans avoir rencontré un policier craquant, qui enquête sur la mort de B.


Un policier qui a l'oeil et qui reçoit un peu d'aide d'une source inconnue... qui se fait piéger. Le policier comprend ce qui s'est produit il y a cinq ans, et c'est la course folle: qui de Clara ou du policier arrivera à temps au dernier coupable? Sera-t-il sauvé ou mourra-t-il? Clara survivra-t-elle?
Sa propre mort est réglé au quart de tour. C'est un thriller policier: on ne suit pas une enquête tout au long, mais il y a un sentiment d'urgence assez puissant qui se dégage du roman. L'alternance entre les scènes du présent et celles du passé rendent Clara plus entière, plus complète: on apprend ce qu'elle a subi par le biais de scènes du passé ou de scènes d'un point de vue extérieur, ce qui amène une profondeur au roman. André Marois sait raconter une histoire, il sait mener son lecteur directement au coeur de l'intrigue. Doté d'une plume vive et précise, sans concession, Marois a commis ici l'un des meilleurs romans policier de la dernière année. Comme il l'avait déjà démontré dans Les Allergiks, André Marois prouve ici qu'il est un auteur de talent et une valeur sûre pour le polar d'ici.