lundi 5 novembre 2012

Cyclone, Dynah Psyché


Après Sandy, quoi de mieux que de parler de Cyclone, de Dynah Psyché, version moderne d'un roman épistolaire qui, plutôt que d'utiliser des lettres à la poste, se déroule par courriel, pendant un très court laps de temps: le temps de la préparation pour la venue d'un nouveau cyclone, appelé Moïse.


Coïncidence: un homme appelé Moïse est disparu en mer. Sa femme, Sultyse, en profite pour avouer au fils de Moïse, Fortuné, qu'elle l'aime depuis toujours. Mais Fortuné, lui, avoue à Bertinotte, fille d'une ancienne flamme de Moïse, qu'il est amoureux d'elle, tandis que Sétoute, l'amante de Sultyse, la pousse dans les bras de celui qu'elle aime... Et rien ne se terminera comme prévu, bien sûr!


Dans ce court roman d'amour / drame familial / tragédie martiniquaise, Dynah Psyché réussit à bien rendre la fougue des peuples des Antilles. La seule faiblesse du roman se situe au niveau typographique: certaines polices de caractère sont difficile à lire et comme deux noms se ressemblent (Sultyse et Sétoute), on peut aussi se mélanger entre les personnages. 
Cependant, cette lecture, très courte, permet de voir le cyclone au-delà du drame global dans le drame humain. 

vendredi 2 novembre 2012

Nigrida, Mikhaïl W. Ramseier

Le vieil Edmond s'installe tous les jours dans un café, avec des centaines de feuilles, et il écrit. Des lettres, majoritairement. Le jour où il décède, Hyppolite et Norge se retrouve à creuser le cas d'Edmond, pour comprendre à qui il écrivait et pourquoi. Ils trouveront, dans les lettres, des régularités, des indices, qu'ils coupleront avec des objets et des livres... Et si le vieil homme avait découvert un trésor de pirate à Madagascar et qu'il avait laissé le code pour le retrouver dans ces lettres? Elles sont adressées à Louise, que personne ne connaît. Les deux comparses tenteront donc de craquer le code et de retrouver Louise, de Madagascar en France, en passant par la Suisse et la Thaïlande.



Nigrida, c'est le récit de vie de ces personnages, une plongée dans cet univers alternatif, une apologie d'un mode de vie marginal. Comme dans "Otchi Tchornya", aussi publié chez Coups de tête, le lecteur est soufflé par l'érudition de l'auteur et se laisse transporter dans une histoire aux ramifications inimaginables. Les explications ne sont pas trop arides, les digressions amènent une profondeur au livre et ne nuisent pas au rythme du roman.


J'ai tardé à lire ce livre, peut-être parce qu'il impressionne par sa taille (et oui, même les lecteurs d'expérience sont parfois rebutés par l'épaisseur d'un volume!) , mais je ne regrette pas d'avoir pris le temps de le savourer.