vendredi 28 septembre 2012

Aliss, Patrick Senécal


Et si on parlait de Senécal...
Le romancier Patrick Senécal n’est pas le dernier venu en littérature de genre au Québec. Bien qu’il ne soit présent sur la scène littéraire que depuis peu, il a déjà fait sa marque.


Ex-enseignant en littérature au cégep de Drummondville, il est aussi écrivain depuis toujours. Il a publié deux premiers romans chez Guy Saint-Jean éditeur (5150, rue des Ormes et Le passager) avant de passer dans l’écurie Alire, où il a publié deux romans fantastiques qui ont marqué le genre : Sur le seuil, une terrifiante histoire du Bien et du Mal, et Aliss, une relecture originale du classique de Lewis Caroll. Il a ensuite repris ses deux premiers romans, en leur apportant quelques corrections, et il a finalement publié deux autres romans originaux, soit Les sept jours du talion (polar) et Oniria (fantastique). Il a été révélé au grand public grâce à son thriller Le vide, un pamphlet contre la télé-réalité, et grâce à Hell.com, un autre thriller. Il aura aussi publié des romans pour enfants, dont Sept comme Setteur, où il pervertit des personnages de contes pour enfants.


L'adaptation cinématographique de ses romans Sur le seuil, 5150 rue des Ormes et Les sept jours du talion participe à la popularité.
Attardons nous à Aliss...
Aliss, c’est l’histoire d’Alice, une jeune fille de Brossard qui décide de quitter le cégep et de se prendre un appartement à Montréal pour découvrir la vraie vie et la liberté. Elle prend le métro à la poursuite d’un homme pour lui rendre ce qu’il a perdu, et elle se retrouve dans un quartier qu’elle ne connaît pas. Rapidement, elle se perd dans cet univers étrange qu’est la ville, surtout que le quartier où elle a abouti n’est pas des plus reposants.


Elle prend sa place lentement, expérimentant différentes drogues et expériences sexuelles, tentant de comprendre le sens de la vie et de savoir qui elle est. Différents personnages croiseront sa route, mais elle sera obnubilée par la Reine Rouge, qui semble diriger le quartier. Elle vivra beaucoup de choses et en restera marquée à vie.
Senécal nous fait lire un véritable conte : il s’adresse au lecteur en début de chapitre et le mène par la main d’un chapitre à l’autre. Aussi, ce qui est intéressant, c’est le retour d’un personnage que l’on connaît déjà. Ici, c’est Michelle Beaulieu, la méchante adolescente de 5150, rue des Ormes, qui est la Reine Rouge et dirige le quartier. Selon Alice, c’est elle qui détient la vérité et qui est allé jusqu’au bout; la Reine Rouge est la surfemme et c’est comme elle que veux devenir Alice.
Bien sûr, des parallèles peuvent être tracés entre le roman de Senécal et celui de Caroll : après tout, l’auteur s’est beaucoup inspiré du grand classique qu’est Alice au pays des merveilles, un peu comme l'a fait dernièrement Tim Burton, dont le Alice au pays des merveilles est une adaptation très libre du roman de Caroll.
Vous savez ce que vous devriez faire dans les prochains jours? Lire Alice, l'original, Aliss, le remake de Senécal, et visionner Alice, de Burton.


Ah, et Senécal est revenu cet automne avec le second tome de Malphas, sa série comédie noire gore. Disons qu'après avoir lu Aliss, vous serez désensibilisé et pourrez tout lire de l'auteur!

jeudi 27 septembre 2012

Toi et moi, it's complicated, Dominic Bellavance


Comédie, roman moderne, super moment de détente!
L'auteur Dominic Bellavance fait partie de la génération de jeunes auteurs qui envahissent lentement mais sûrement le coeur des lecteurs québécois. Ayant publié une trilogie en 4 tomes intitulée Alégracia, aux éditions Les six Brumes, dans les dernières années, Dominic a rencontré des centaines de lecteurs dans les salons du livre de la province et s'est bâti un lectorat qui le suit sur les diverses plate-formes web qu'il exploite: son site Alegracia, Ti-texte.net, son blog Tu verras, clavier ainsi que son compte Twitter, son Facebook et son compte sur Goodreads. Dominic a diversifié ses interventions en ligne et aime expérimenter les différentes façons de rejoindre les lecteurs et de communiquer... Bien qu'il se soit retiré du net dans la dernière année, il a beaucoup réfléchi sur nos médias "sociaux". 


Est-ce que c'est cette raison qui l'a incité à écrire le premier roman québécois ayant pour sujet, pour thème et pour personnage principal Facebook? Étrange, non? Pourtant, ce qui ressort de son premier livre publié par la maison d'édition Coups de tête, une maison qui ose encore. Ce roman, c'est l'omniprésence, chez certains jeunes, de la vie virtuelle, de la vitrine où s'exposent des vies avec lesquelles on rempli le vide qui occupe les nôtres.
Le roman part d'une prémisse assez intéressant: Daniel ne veut pas afficher sur Facebook sa relation compliquée avec Véronique car il est toujours sur la drague. Sauf que... Véronique est insistante, Daniel a frenché une autre fille dans un party, des vidéos étranges se retrouvent sur Facebook, le genre de vidéo qui mettent Daniel sur la piste d'une fille, Anne-Sophie, qui semble lui en vouloir...


Critique dans "Le libraire"

Daniel, accroc du réseau social, qui met son statut à jour aux 2 minutes, qui clavarde sans arrêt sur son ordi ou son Iphone, tentera d'en savoir plus et de courtiser Vicky, sa nouvelle flamme, par le biais du réseau...
C'est compliqué? Non, pas tant que ça. C'est la vie des jeunes adultes d'aujourd'hui, qui vivent sur le web... et c'est aussi une réflexion de Dominic Bellavance sur notre relation au virtuel, notre façon d'utiliser et de vivre les réseaux sociaux. Le roman est très drôle, divertissant, et se lit à toute vitesse: ce n'est pas un thriller, mais on ne peut pas arrêter tellement on veut savoir ce qui va arriver à Daniel, avec toutes ses manigances.


Soulignons au passage le travail de composition infographique à l'intérieur du roman, pour les séances de clavardage et les mises à jour de statut... Seul hic qui peut s'installer avec le temps: les fonctions d'un site internet aussi dynamique que Facebook changent rapidement et le roman sera, d'ici quelques années, dépassé. 
Vous avez l'eau à la bouche? Après avoir lu l'extrait (juste ici) et visionné la bande-annonce (ici), vous vous précipiterez chez votre libraire pour dévorer ce petit bijou. 
Et achetez donc Roman réalité, son deuxième roman chez Coups de tête, un coup parti! Vous ne le regretterez pas non plus! 

mercredi 26 septembre 2012

En d'sous, Sunny Duval



Un musicien qui confie sa vie de tournée sous forme de récit...
Sunny Duval est un guitariste québécois qui est membre, entre autres, des Breastfeeders... Écoutons une chanson, juste pour nous mettre dans l'ambiance...
Le clip vous donne une idée du personnage. François "Sunny" Duval est un trifluvien d'origine qui roule sa bosse depuis un moment dans le monde artistique. Il a été engagé il y a quelques années pour le cahier LP2 de La Presse, une sorte de concurrent du Voir, pour donner son point de vue sur le monde underground.


 Les chroniques ont été réunies dans En d'sous, littéralement "underground". On y suit Sunny, amoureux de sa Vieille Ville sale, qui parle de ses shows, de sa vie de bohème, de ses amis et de leurs aventures. Le roman est rempli de clin d'œils comiques, de blagues et de boutades qui permettent de saisir l'essence du personnage qu'est Sunny Duval.


Une belle surprise signée "Coups de tête", la maison d'édition la plus "in" au Québec présentement, avec la publication récente du premier roman de Caroline Allard (dont je vous parle bientôt!)


mardi 25 septembre 2012

Marzi à Marzi, Pascal Leclercq


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Marzi est de retour dans une seconde aventure..
J'ai tardé avant de lire la suite, qui m'intéressait plus ou moins: je n'avais pas vraiment apprécié le premier volume, Marzi et Outchj.
Ici, Marzi, maintenant grand patron de la compagnie mafieuse héritée de son père, se cherche un peu. Il se retrouve donc avec un objectif en tête: se rendre dans la ville de Marzi, en Italie, à la quête de ses ancêtres, même si finalement, il s'agit plus d'un fantasme que d'une réalité. Sur sa route, il dépouillera un homme au poker (qui deviendra un personnage important) et croisera un chef mafieux italien, qui l'obligera à travailler pour lui et à épouser sa fille, qui finalement est un fils, avec qui Marzi aura mal à pâtir. Marzi sera poursuivit par des mafiosos et découvrira que sa mère ne le laissera pas fuir ses responsabilités ainsi... à moins qu'elle ne prenne les choses en mains et tente de l'éliminer, pour prendre la tête de leur petite entreprise maison?
Ce volume est plus drôle que le premier: l'humour est mieux dosé, les situations cocasses rachètent les invraisemblances... mais je persiste à dire qu'en BD, ça serait sûrement beaucoup plus drôle et pertinent.
Bref, pas mon livre préféré, loin de là. Mais je suis moins déçu que du premier volume.

lundi 24 septembre 2012

Soixante-six 2: Le cercueil de cristal, Michel J. Lévesque


Les aventures d'Alexia Lincoln et de Jack Soho continuent!

Alexia Lincoln commence à comprendre qu'il se passe quelque chose d'anormal dans la petite ville de Tea-Walls lorsqu'elle s'éveille de nouveau dans sa maison d'un quartier riche, après avoir vécu un épisode où elle était très pauvre. Mais on lui a dit que tout redeviendrait comme avant à son réveil. Elle découvre rapidement que c'est faux: tous les adultes de Tea-Walls semblent se liguer contre elle et ses deux comparses, Ian Barstow et Nick Amboy. Elle sait maintenant que les deux garçons ne sont pas qui elle croit: si l'un est Edmond Dowty, militaire envoyé pour la sauver, l'autre est Lancaster Bell, tueur à gage qui doit la supprimer.
Les trois camarades tentent de se sauver de Tea-Walls, supportés par un allié mystérieux, Fletcher Christian, qui les guide grâce à des textos.
De l'autre côté, Jack Soho continue de fuir les zombies qui ont envahi Hastings Horizon avec ses demi-frères et sa demi-soeur. Ils ont, à la fin du tome 1, sauvé les deux fils du shérif Gardner et ont été retrouvés par Joanna Ceasar, qui se trouve à être l'ex-femme de Jack. Pris par surprise par la compagnie L et L, qui a pour mission de les tuer, et acculé au pied du mur par les zombies, Jack reçoit un curieux appel de Fletcher, qui lui propose de l'aider. Et, miraculeusement, des armes apparaissent dans les mains des comparses de Jack, et les rôles se retrouvent inversés.


Ce miracle laisse le lecteur perplexe, et c'est bien l'une des forces de l'auteur dans ce roman: le lecteur se questionne, mais oublie vite ses interrogations pour continuer à vivre l'action effrennée, jusqu'à ce que les réponses rappellent les questions.
Ce qui donne à ce tome sa grande qualité sont les scènes du passé de Jack Soho, qui sèment des indices pour nous faire comprendre que l'univers dans lequel Jack baigne n'est peut-être pas aussi simple qu'on le croit. Fletcher Christian lui donne une mission: se rendre à une tour pour y sauver Alexia.
Les deux trames, celle de Jack et celle d'Alexia, convergent vers cette rencontre, les trois ados cherchant la sortie de la tour et Jack cherchant à y entrer, les deux camps étant aidés par F.
Et on comprend, comme on avance, qu'il est question d'univers virtuels, de simulations informatiques et de science-fiction mêlant pouvoirs psy et gadgets.


Le système vaticinateur fait son apparition et le clan Shattam , maître d'oeuvre de toute la conspiration, se définit de plus en plus.
Pas besoin de vous dire que j'ai adoré le rythme, les personnages et les situations. Cette histoire tordue, à plusieurs niveaux de complexité, est peut-être difficile à saisir pour les ados, mais elle plaira aux amateurs de tous âges adeptes des histoires qui mènent les lecteurs en bateau.
Bientôt, le tome 3!

mercredi 19 septembre 2012

Kamo, L'agence Babel, Daniel Pennac


Un roman jeunesse?
Daniel Pennac,auteur connu entre autres pour ses Droits du lecteur, a commis une courte série de romans jeunesse intitulée Kamo.


Celui que j'ai lu s'appelle L'Agence Babel et elle raconte l'histoire du pari que Kamo fait avec sa mère: elle gardera son emploi trois mois. Si elle réussi, Kamo aura 3 mois pour apprendre l'anglais.
Pari tenu.
Kamo aura alors l'aide de l'Agence Babel, une agence de correspondance. Il parlera avec Cathy et ils échangeront des lettres, jusqu'à ce que Kamo réalise que sa belle Cathy lui écrit du passé... Il décide, avec l'aide de son meilleur ami, de découvrir ce qui se cache sous le couvert de l'Agence Babel...


C'est un livre intéressant que Pennac nous livre ici, quoique complexe pour un lecteur du primaire. En effet, le narrateur est le meilleur ami de Kamo, un garçon qui relate mais est peu impliqué dans l'histoire, ce qui amène une étrange distance entre le lecteur et le déroulement. De plus, Kamo semble légèrement naïf à certains moment et très perspicace à d'autres, ce qui est déstabilisant.


Mais c'est une lecture qui surprendra le lecteur qui prendra le temps de s'y plonger.

mardi 18 septembre 2012

Connais-tu Cléopâtre?, Johanne Ménard



Intéressante collection pour les élèves de 10-12 ans


Je connaissais la collection Savais-tu que? qui s'adresse aux enfants un peu plus jeune, mais c'est avec une grande joie que j'ai découvert la collection Connais-tu? des éditions Michel Quintin.



Le concept est simple: on nous présente, à travers des gags, le personnage dont il est question, ici Cléopâtre. Anachronismes, références d'aujourd'hui, illustrations efficaces: c'est une recette gagnante. Bien sûr, les clichés connus y passent (le nez de Cléo...) mais le lecteur adulte y trouve son compte. Les gags sont pour les enfants mais font sourire l'adulte

Cléo dans Astérix et Cléopâtre

Je me demande à quel point certaines blagues sont bien ciblées (La madame était contente et Wall Mart, c'est pas tant pour les enfants que c'est une référence comique) mais c'est avec plaisir que je tenterai l'aventure des autres volumes de cette collection (à commencer par Barbe Noire). Un petit dix minutes de divertissement et une belle référence pour enfants dans la bibliothèque: quoi demander de mieux?




lundi 17 septembre 2012

Perdu dans la brume, Bernadette Renaud


Un roman touchant.
Je ne connaissais pas Bernadette Renaud avant la lecture de ce roman... mais je sais maintenant que c'est elle qui a écrit le roman de Bach et Bottine. J'ai lu le roman Perdu dans la Brume avec curiosité, loin d'être convaincu, au départ, de l'intérêt que j'y trouverais.


Et j'ai été agréablement surpris. Voici le résumé provenant du site de l'éditeur: "Perdu dans la brume, Hugo, 16 ans, l'est assurément. Lui qui a toujours vécu à Montréal se retrouve parachuté à la campagne chez Maurice, son grand-père. Aussi bien dire chez un étranger. Laissé à lui-même, sans repères ni explications, l'adolescent se sent à la fois trahi, blessé et intrigué. Tant de mystères planent autour de sa famille... Pourquoi sa mère l'a-t-elle chassé de la maison ? À quoi Maurice occupe-t-il ses journées, lui qui disparaît aux aurores sans rien dire ? Et surtout, quel drame bouleversant cache la bisbille entre le grand-père et le père d'Hugo ?


Au-delà des reproches et des non-dits, c'est la naissance d'une passion commune qui permettra à ces deux hommes que tout oppose de se rejoindre enfin. Une passion hautement décriée par Élodie, la nouvelle blonde d'Hugo... Qui a dit que la vie serait simple ? "
L'histoire de la relation entre Hugo et les adultes (en premier plan) puis entre Hugo et sa copine (en second plan) est primordiale dans ce roman et s'avère très intéressante. Hugo l'ado branché rencontre son grand-père rustre et plutôt traditionnel (pas Internet, pas de cellulaire) qui s'absente souvent en cachette. En fait, ce qu'Hugo rencontre, c'est la chasse, la dure vie de la chasse. Il découvrira le poids du fusil dans ses mains et sera confronté aux préjugés et à l'incompréhension de certains face à la chasse. La relation entre père et fils est explorée ici de brillante façon: c'est le grand-père face à son fils, par le biais de son petit-fils. Hugo ne connaît pas vraiment son père et apprendra pourquoi et comment s'est passée la cassure.


Mis à part quelques glissements de points de vue qui pourraient déranger certains lecteurs (ha! le narrateur omniscient qui glisse d'un personnage à un autre sans avertissement dans un même paragraphe!), Perdu dans la brume offre un bon moment de lecture pour ados ou pour adultes, pour la psychologie des personnages et pour en apprendre un peu sur la chasse!

vendredi 14 septembre 2012

Comprendre l'hindouisme, Alexandre Astier


Plus vieille des cinq grandes religions du monde, l'hindouisme vous révélera ici quelques secrets.
Les spiritualités, religions ou philosophies asiatiques attirent de plus en plus d'occidentaux. C'est vrai du bouddhisme en particulier, mais aussi de l'hindouisme, beaucoup plus méconnu que sa petite soeur mais pourtant tout aussi fascinante.
Le livre Comprendre l'hindouisme est intéressant à plusieurs niveaux. Écrit par Alexandre Astier, un professeur de lycée spécialisé dans l'histoire religieuse de l'Inde, le volume présente la religion dans ses fondements et son histoire. L'introduction du livre présente un tableau résumant les différents courants de l'hindouisme, ce qui permet d'avoir un aperçu de cette religion plus complexe qu'on peut le croire.


J'ai beaucoup apprécié la première partie, intitulée Aux origines de l'hindouisme, car c'est toujours ce qui est fascinant, dans une religion, de tenter de comprendre comment elle est née. L'analyse plutôt froide de l'auteur, qui présente le fait historique en nuançant ce qui relève des conjectures de ce qui est considéré comme véridique. Pour un néophyte comme moi, qui ne possède pas beaucoup de connaissances historiques sur cette partie du monde, cette partie est un petit bijou qui aide à situer les débuts de cette grande religion. Le troisième chapitre, intitulé Les dieux védiques, est une véritable mine d'information pour les auteurs en herbe qui cherchent à définir des dieux en fantasy.
La seconde partie, Le coeur de l'hindouisme, entre dans le vif du sujet avec une analyse des "nouveaux' textes sacrés (si on compare avec les textes fondateurs, bien sûr) mais ma section préférée traite encore une fois des Dieux. Les dieux hindous sont nombreux, et le livre en donne un aperçu, avec en plus un joli petit tableau regroupant quelques dieux et déesses importants (car l'hindouisme est la seule des grandes religions du monde à avoir des femmes au niveau de la divinité!). Vous apprendrez donc à connaître Vishnu (et son avatar Krishna), Brahma, Shiva et leurs copains, dont Ganesh, que vous avez sûrement déjà vu des dizaines de fois dans Les Simpsons (laissez-moi faire un petit aparté ici: pour entendre une histoire de la création de Ganesh de façon très intéressante, référez-vous à Eric Gauthier et à son recueil de contes Terre des pigeons).


Finalement, deux autres chapitres sont assez intéressant à cause de leur thématique: le huitième analyse le système de castes, véritable système de contrôle de la population, et le neuvième présente les philosophies hindous, qui ont, étrangement, un grand lien avec la logique et l'analyse scientifique du monde (à vous d'en lire plus pour comprendre!)
La dernière partie aborde le détail de quelques "sectes" modernes hindous, mais il faut bien comprendre que secte ici n'est pas utilisé en mode péjoratif, comme pour les sectes néo-chrétienne de nos horizons, mais dans le sens de regroupement partageant des croyances plus spécifiques à propos d'une religion. La nuance est importante.


Bref, l'ouvrage est une bonne introduction à l'hindouisme, mais est tout de même légèrement ardu à lire, surtout au début. Il n'en demeure pas moins qu'il ne fera pas rougir de honte votre bibliothèque!

jeudi 13 septembre 2012

Le reflet de la glace, Geneviève Drolet



Deuxième roman de l'auteure.
Le reflet de la glace



C’est une narratrice, qui perd ses parents alors qu’elle n’est qu’adolescente. Elle est recueillie par sa tante, jeune adulte, et sera donc initiée à la vie adulte par les excès de celle-ci. Arrive dans le décor le copain de la tante, Otto, et un ami de celui-ci, Damian, qui succombera pour l’adolescente, maintenant âgée de 17 ans.
Elle connaîtra les joies de la chair avec ce Damian... et ainsi commencera cette histoire. Une histoire de chair et de sang, mais aussi de tête et de coeur.
Elle baignera dans le sexe, sera abusée, se sauvera dans un autre pays faire la paix avec elle-même, deviendra mannequin et actrice. Retrouvera son Damian, renouera avec lui, rencontrera son voisin, qui l’attirera à lui. Jusqu’à ce que la maladie frappe aveuglément et que son destin en soit encore modifié.


Raconté avec doigté, d’une plume magnifique, qui nous emporte, littéralement, sur son souffle constant, cette histoire est celle de la découverte de soi et de la sexualité, ou de soi par la sexualité. C'est aussi une exploration des limites de l'amour. La distance, le temps qui passe, mais aussi la maladie. La question qui sous-tend le roman est de savoir jusqu'où peut-on aller par amour pour l'autre. Peut-on aimer même si l'on trompe l'être cher? La maladie rapproche-t-elle ou éloigne-t-elle deux amoureux?
Geneviève Drolet relève avec brio le défi d'aborder plusieurs sujets profonds avec des personnages complexes et tourmentés. Chapeau pour cette fresque touchante et dérangeante.

mercredi 12 septembre 2012

Soixante-six 1: Les tours du château, Michel J. Lévesque


Une nouvelle série d'un auteur jeunesse parmi les plus en vue au Québec!
Michel J. Lévesque, avec cette série, délaisse la fantasy urbaine et cède la place à l'anticipation et à l'action pure et simple à la mode horreur.

Dans Soixante-six, Les tours du château, l'auteur raconte d'abord, en prologue, l'histoire de la belle aux bois dormant. Étrange, non? En fait, le conte prendra sa signification un peu plus tard.
Ensuite, la narratrice du roman, qui nous dit s'être déjà appelée Alexia Lincoln, est maintenant plus vieille et nous relatera les événements qui se sont déjà produits. Dès le départ, Lévesque nous annonce ses couleurs: nous aurons droit à un récit où la narratrice commentera parfois les événements qui nous seront racontés. Et une partie du mystère du roman proviendra des personnages masculins, que Lexia nous présente dès le départ: Jack Soho, Edmond Dowty et Lancaster Bell.
Mais cessons de nous intéresser à l'enrobage et plongeons dans le vif du sujet: Lexia est une adolescente de 17 ans habitant à Tea Walls, une petite ville américaine où le lycée est rempli de clichés ambulants, à commencer par Lexia elle-même, chef des meneuses de claques et petite amie du quart-arrière, Ian Barstow. Elle est amie avec d'autres jeunes filles riches et prétentieuses et ennemie des petits nerds qui adorent l'informatique, dont Nick Amboy, quadriplégique. Après la mort de trois ados de Tea Walls, le monde de Lexia commence à changer et elle réalise que la vie dans sa petite ville tranquille n'est peut-être pas aussi belle qu'elle le croyait.


L'histoire de Lexia alterne avec celle de Jack Soho, un bandit notoire de la ville de Hastings Horizon, en Californie. Soho se retrouve, avec ses deux frères et sa soeur, dans une course contre la montre où la survie prime: des zombies ont envahi la Californie. Des mercenaires tentent de faire la peau de Jack alors qu'il tente de tirer sa famille de cette invasion.
On s'en doute, les deux histoires finiront par se rejoindre, mais quand et où, impossible de le savoir à la lecture du seul premier tome. Par contre, le roman ne manque pas de rebondissements, à commencer par les nombreuses péripéties vécues par Jack. Oui, les personnages sont clichés et les situations le sont tout autant (ah... les savoureuses répliques de films!), mais le tout nous arrache quelques sourires. Le lecteur trouvera son compte dans ce roman intriguant: Lexia, en cours de route, verra l'illusion qu'est sa vie perdre de sa texture et comprendra une partie de la vérité cachée.

Dans Les tours du château, Michel J. Lévesque fait encore bon usage des technologies qu'il imagine: les sleeping beauty sont une invention tout à fait brillante, et l'utilisation d'un téléphone cellulaire et de message texto permettent aux personnages de savoir comment se diriger dans leur univers labyrintique.
Au final, se plonger dans Soixante-Six est une source de plaisir garanti. Le lecteur adulte trouvera peut-être légèrement juvénile le traitement de l'histoire, mais la complexité qu'on entrevoit dans la trame du récit suffira à l'accrocher jusqu'au bout.
Vivement le second tome!

mardi 11 septembre 2012

Midnighters 1: L'heure secrète, Scott Westerfeld


Une série "young adult" à découvrir!
Dans la ville de Bixby, un étrange phénomène se produit tous les soirs: le temps s'arrête à minuit et pendant une heure, qui dure en fait le temps d'une minute, seuls les enfants nés exactement à minuit peuvent agir. Ils s'appellent les Midnighters.


Mais ils ne sont pas si seuls que ça... les darklings, des créatures maléfiques, rodent dans les ténèbres. Le seul moment de la journée où les darklings peuvent pénétrer notre univers, c'est à ce moment, à minuit, à Bixby.
Tout ça, Jessica Day le découvre dans les premières pages de L'Heure Secrète. Jessica est le personnage principal du roman. Elle arrive à Bixby sans savoir que l'heure de sa naissance va déterminer une série d'aventures où elle tentera de survivre aux darklings. Car les créatures de l'heure secrète ne tolèrent pas que les humains puissent pénétrer leur heure sacrée.
Dès le début du roman, Jessica rencontre d'autres Midnighters, qui possèdent tous un talent spécial, qui se manifeste pendant l'heure secrète et même pendant le reste du temps pour certains.
Rex est le gardien du savoir et il possède une vision hyper-puissante: les gens sont flous pour lui, sauf les midnighters.
Jonathan peut, pendant l'heure secrète, bondir à des distances faramineuses, car la gravité n'a presque plus d'emprise sur lui.

Desdémona est la crinquée des mathématiques, une polymath: elle peut effectuer toute sorte de calculs en quelques secondes. Elle est aussi l'experte en mots de treize lettres.
Mélissa est la télépathe du groupe et elle peut percevoir l'emplacement des autres midnighters.
Ils sont donc cinq ados de la fin du secondaire et ils doivent, toutes les nuits, tenter de survivre aux grouilleurs, de petites créatures métamorphes à la solde des darklings. Habituellement, la co-habitation se déroule plutôt bien: les grouilleurs sont agressifs mais les midnighters les repoussent.
Sauf que l'arrivée de Jessica va dérégler cette routine: les grouilleurs, même les darklings, ont peur d'elle et vont tout faire pour l'éliminer. C'est signe que son talent est important, et le but de l'aventure, dans L'Heure Secrète, est de découvrir le talent de Jessica.


Le roman de Westerfeld, par ailleurs l'auteur de l'excellente série Uglies, est intéressant à plusieurs niveaux: il offre une construction de monde assez solide, des concepts intéressants (les darklings ont peur de la nouveauté et de la technologie: même l'acier leur fait peur, mais ils craignent les chiffres et toute technologie; la technologie électronique ne fonctionne pas dans l'heure secrète, ce qui amène des problèmes intéressants à nos héros) et des personnages fort. Aussi, l'auteur alterne les points de vue avec une belle versatilité, sautant surtout de Jessica à Rex, mais les autres midnighters y passent aussi, ce qui amène une profondeur au récit, par la diversité des opinions et des regards sur des événements partagés.
Et le roman ne manque surtout pas d'action: le déroulement est rapide et pertinent, le suspense juste assez intriguant et les personnages assez bien typés pour que même le lecteur adulte prenne plaisir à la lecture.
Bref, un roman à lire pour quiconque aime les bons romans pour jeunes adultes.

lundi 10 septembre 2012

Trépanés, Patrick Brisebois


Plongez dans la décadence.
Patrick Brisebois est un écrivain de cette génération qui exprime une réalité crue et empreinte d'un étrange sentiment de décalage pour qui vit une petite vie rangée. "Trépanés" est la seconde œuvre que je lis de Brisebois, après "Cathéchèse" (publié chez Alto), un roman cyber-punk du terroir, si on peut l'exprimer ainsi. J'avais été soufflé par la plume de Brisebois et par sa façon directe de présenter ce que ressentent les personnages, sans compromis et sans censure.
J'espérais de tout cœur la réédition de ses trois premiers romans et Trépanés est le premier à bénéficier de l'excellente maison Le Quaternier, jeune maison dynamique qui ose publier des œuvres difficiles à aborder.
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Ceci étant dit, qu'en est-il de Trépanés? D'abord, Trépanés raconte l'histoire de Morvan, amoureux d'Annonciade Trepalovitch, mais qui se retrouve avec la sœur de celle-ci, Fabia Trepalovitch. Morvan et Annonciade sont des trépanés: on leur a tripoté le cerveau suite à des accidents dans l'enfance. Morvan, en narration, nous confie ce qu'il pense et ce qu'il ressent: c'est un jeune adulte troublé, rebelle, marginal. Morvan habite avec Fabia au Manoir du Lac Noir, mais Fabia a des tendances violentes et elle le chasse régulièrement. Au cours de ses errances, Morvan retourne vers Annonciade, jusqu'à ce que les deux sœurs habitent ensemble au Manoir et que le triangle amoureux implose…


Et le fantastique, là-dedans? Le fantôme du père des deux filles apparaît et sa relation avec Morvan est complexe… Trépanés se résume mal, parce que l'histoire est déconstruite: on se promène dans le passé et le présent selon ce que Morvan veut nous raconter. Cependant, le lecteur, au fil des pages, savourera les phrases et accumulera les indices pour comprendre, mais la psyché de Morvan est décalée: beaucoup de drogue et d'alcool n'aide pas à le rendre cohérent. Son amour pour Annonciade et Fabia est pervers et trouble, et sert de moteur au récit, sans qu'on sache si les actions de Morvan sont de lui ou du père des filles… Il y a toujours un doute qui plane, comme le veut la définition du fantastique, et on verse dans l'horreur, avec des scènes assez horribles (le sacrifice d'un enfant, un suicide, etc…)



Je ne sais pas comment exprimer le plaisir que j'ai eu à lire ce livre pour donner envie aux autres de l'essayer. C'est fou, éclaté, violent, décalé, décadent, québécois, horrifique, fantastique, noir… Il ne fait aucun doute pour moi que Brisebois est un écrivain d'aujourd'hui qu'il faut absolument lire.

vendredi 7 septembre 2012

L'Ogresse, Dynah Psyché


Un troisième Coups de tête pour l'auteure.

Troisième titre de l’auteure chez Coups de tête, après Cyclone et Zoélie du Saint-Esprit, L’Ogresse raconte l’histoire de Sophonie, une femme qui reçoit un don, l’ogritude, qui lui permet de manger sans s’arrêter. Prise d’un appétit insatiable, elle peut dévorer tout ce qui se trouve à portée, avec une prédilection pour la viande, bien sûr, et en partie pour la chair humaine, placenta et fœtus en premier plan.

L’histoire nous est racontée par Sophonie, entrecoupée de courts chapitres (moins de 5 courts paragraphes) narrés par d’autres personnages, non-identifiés. Sophonie monologue et les autres lui répondent et le lecteur tente de comprendre qui parle et quels sont leurs liens avec le personnage principal.


Et le tout n’est pas évident à comprendre et demande au lecteur de se casser la tête pour deviner les liens entre les personnages. Si le texte tient le lecteur en haleine, c’est que l’écriture est très proche du lecteur, qui se trouve dans la tête des trois narrateurs, et qu’on se demande, tout au long du roman, qui ils sont et où l’histoire s’en va. Si la lecture demeure agréable, le roman n’est pas facile à lire et s’avère, pour moi, une lecture beaucoup moins intéressante que Zoélie du Saint-Esprit, que j’avais apprécié. Ici, j’ai moins aimé la langue et l’histoire, et je n’en retiens rien de bien particulier.

jeudi 6 septembre 2012

921, Queen Mary Road, Robert W. Brisebois



Un polar autour du Frère André?
Le résumé tiré du site de l'éditeur:"1896, Côte-des-Neiges. Devant le Collège Notre-Dame, un lopin de terre à flanc du Mont-Royal est convoité par plusieurs acheteurs potentiels. Mais tous ces riches investisseurs ne peuvent rien contre la volonté d’un mystérieux groupe d’acquérir ce terrain, tandis que le portier du Collège, un certain Frère André, y sème à foison des médailles de Saint-Joseph. Intriguée par des meurtres sordides en rapport avec ce groupe, la police de Montréal entreprend une discrète enquête. C’est le début d’une quête fascinante sur une mystérieuse et séculaire organisation aux membres aussi dangereux qu’insaisissables… Un roman historique mettant en scène un des grands mythes de la société québécoise, le frère André, et une galerie de personnages hauts en couleur, campés dans un Montréal nostalgique, pittoresque et attachant. "


J'avais beaucoup d'espoir dans ce titre. Avec la canonisation récente du frère André, j'avais envie d'en apprendre plus sur le phénomène et j'ai donc reçu ce livre en cadeau.
Et quelle déception! La reconstruction historique de Montréal est surtout prétexte au name-dropping, on ne sent aucune ambiance, les personnages sont en carton (et encore, en carton mince), aucun personnage principal (en fait, on change de personnages principaux en cours de route, mais ce n'est jamais évident), les péripéties sont sans queue ni tête, l'auteur sème des indices sans grand succès, les personnages qui connaissent la résolution de l'énigme meurent tous, c'est finalement le méchant qui explique toute l'intrigue à la fin (euh... tant qu'à ça, pourquoi ne pas raconter l'histoire de son point de vue, on aurait moins l'impression que les personnages ne servent à rien), 

L'auteur Robert W. Brisebois


Il n'y a aucune émotion, le frère André sert de décor plus qu'autre chose, il y a des sauts dans le temps qui ne servent pas l'intrigue, on est loin des personnages (ce qui amène un conflit: un personnage apprend la clé de toute l'histoire mais ne nous le confie pas, car on n'est pas dans sa tête. Et l'auteur en profite pour lui faire dire:"Non, je vous le dirai plus tard, blablabla..." Ce qui est un truc pour étirer inutilement le roman, car il n'y a pas de suspense ou d'intrigue qui tienne bien).

Le frère André

Bref, je ne le recommande pas. C'est rare que je suis aussi cassant dans un commentaire, mais j'ai vraiment l'impression d'avoir perdu des heures de ma vie à tenter de demeurer accroché au roman. Surtout que je voulais aimer ça!
Tant pis, je vais me rabattre sur autre chose!