lundi 5 novembre 2012

Cyclone, Dynah Psyché


Après Sandy, quoi de mieux que de parler de Cyclone, de Dynah Psyché, version moderne d'un roman épistolaire qui, plutôt que d'utiliser des lettres à la poste, se déroule par courriel, pendant un très court laps de temps: le temps de la préparation pour la venue d'un nouveau cyclone, appelé Moïse.


Coïncidence: un homme appelé Moïse est disparu en mer. Sa femme, Sultyse, en profite pour avouer au fils de Moïse, Fortuné, qu'elle l'aime depuis toujours. Mais Fortuné, lui, avoue à Bertinotte, fille d'une ancienne flamme de Moïse, qu'il est amoureux d'elle, tandis que Sétoute, l'amante de Sultyse, la pousse dans les bras de celui qu'elle aime... Et rien ne se terminera comme prévu, bien sûr!


Dans ce court roman d'amour / drame familial / tragédie martiniquaise, Dynah Psyché réussit à bien rendre la fougue des peuples des Antilles. La seule faiblesse du roman se situe au niveau typographique: certaines polices de caractère sont difficile à lire et comme deux noms se ressemblent (Sultyse et Sétoute), on peut aussi se mélanger entre les personnages. 
Cependant, cette lecture, très courte, permet de voir le cyclone au-delà du drame global dans le drame humain. 

vendredi 2 novembre 2012

Nigrida, Mikhaïl W. Ramseier

Le vieil Edmond s'installe tous les jours dans un café, avec des centaines de feuilles, et il écrit. Des lettres, majoritairement. Le jour où il décède, Hyppolite et Norge se retrouve à creuser le cas d'Edmond, pour comprendre à qui il écrivait et pourquoi. Ils trouveront, dans les lettres, des régularités, des indices, qu'ils coupleront avec des objets et des livres... Et si le vieil homme avait découvert un trésor de pirate à Madagascar et qu'il avait laissé le code pour le retrouver dans ces lettres? Elles sont adressées à Louise, que personne ne connaît. Les deux comparses tenteront donc de craquer le code et de retrouver Louise, de Madagascar en France, en passant par la Suisse et la Thaïlande.



Nigrida, c'est le récit de vie de ces personnages, une plongée dans cet univers alternatif, une apologie d'un mode de vie marginal. Comme dans "Otchi Tchornya", aussi publié chez Coups de tête, le lecteur est soufflé par l'érudition de l'auteur et se laisse transporter dans une histoire aux ramifications inimaginables. Les explications ne sont pas trop arides, les digressions amènent une profondeur au livre et ne nuisent pas au rythme du roman.


J'ai tardé à lire ce livre, peut-être parce qu'il impressionne par sa taille (et oui, même les lecteurs d'expérience sont parfois rebutés par l'épaisseur d'un volume!) , mais je ne regrette pas d'avoir pris le temps de le savourer.

vendredi 26 octobre 2012

Universel coiffure, Caroline Allard


Universel coiffure
Caroline Allard
Coups de tête, 2012




                Il se peut que vous ne connaissiez pas Caroline Allard. Normal, elle publie cette semaine son premier roman. Elle est pourtant une auteure reconnue, du public et de ses pairs. Comment, me direz-vous? Parce qu'elle a tenu un blogue, qui est devenu deux livres, une web série et finalement, une série télé, le tout sous la dénomination "Chroniques d'une mère indigne".  Certains lecteurs se rappellent peut-être d'un texte finaliste au prix Solaris, il y a quelques années, signé de ce nom. Car Caroline Allard a publié, avant tout ça, des nouvelles de genre. 


            
    Ceci étant dit, elle se lance, avec sa verve humoristique, dans le roman chez Coups de tête, avec Universel Coiffure. Dans la pure absurdité, nous retrouvons Sylvie, mauvaise coiffeuse, qui se fait enlever par deux soi-disant extraterrestres qui lui tiennent un discours sur le droit fondamental d'avoir une superbe coiffure. Ébranlée, de retour dans la vraie vie, elle se fera, bien malgré elle, l'ambassadrice de cette idée selon laquelle le bonheur et l'harmonie découlent d'une coiffure réussie qui augmente par conséquent l'estime de soi des gens. L'idée, bien anodine et un brin ridicule, fera son chemin vers les salons de coiffure, qui offriront des remboursements sur insatisfaction jusqu’à ce que des mécontents commencent à harceler leurs coiffeurs. Le tout dégénère en attentats et Sylvie, accompagnée de sa meilleure amie, Agathe, et du frère de celle-ci (et ex de Sylvie), Sylvain, cherchent à comprendre comment la situation a pu déraper autant.


           
     Déjà, vous comprenez que le ton est totalement décalé et que le livre se lit avec un sourire en coin. C'est de la science-fiction/roman humoristique / absurde  superbement écrite. Des personnages réels interviennent dans l'histoire, malgré tout ancrée dans notre réalité: Céline, Jean-Luc Mongrain, Jean Charest, les commissaires Bouchard et Taylor (qui hériteront d'une fin atroce!)… On y retrouve un philosophe, Hilary Putnam, qui explique la théorie de "Terre jumelle", qui ici est la planète où la guerre a été éradiquée par les belles coupes de cheveux…


               
  Le ton est donné dès le début: les blagues et allusions comiques s'enchaînent à un train d'enfer, les références multiples aux cheveux, dans le vocabulaire, les expressions et les aventures des personnages feront sourire même les plus mornes comptables en complet gris ton sur ton.  Les situations sont énormes, mais on se laisse raconter cette histoire en se disant "Voyons, ça se peut pas, elle va pas mettre ça dans son roman!"

Et pourtant... Le pire, dans tout ça, est bien qu'on demeure malgré tout dans la SF, métaphorique, peut-être, mais aussi sociale. Si Terre jumelle existait pour vrai et qu'il était réellement possible de voyager d'une planète à l'autre? L'auteure ne fait pas dans la quincaillerie SF et n'explique pas, mais le fait demeure: le roman ne quitte jamais totalement la science-fiction. 

Mais peu importe la classification du livre: il vaut la peine d'être lu, peigne à la main!


mercredi 3 octobre 2012

Sept comme Setteur, Patrick Senécal



Le bonhomme est plus effroyable que vous le croyiez!
Patrick Senécal - Sept comme Setteur - Roman d’épouvante - Éditions de la Bagnole - Collection Gazoline
Patrick Senécal est un écrivain en vue dans les médias. Ses univers sombres, violents, pervers et malsains font la joie de dizaine de milliers de lecteurs, et chacun de ses romans est en passe d’être adapté au cinéma. Quand Senécal a publié un roman pour jeunes, je me suis demandé comment il pourrait adapté son écriture, mais surtout, comment il s’y prendrait pour effrayer les plus jeunes.


A-t-il réussi son pari? Oui. Sept comme Setteur est un roman intéressant, même s’il n’atteint pas l’intensité des autres romans de Senécal. L’histoire est simple : Nat, un jeune garçon, est kidnappé par le Père Noël, qui l’amène dans la maison de Monsieur Setteur, qui est en fait le bonhomme Setteur. Comme il s’efface de nos souvenirs collectifs, son existence est menacée. Il a donc décidé d’utiliser d’autres icônes de l’enfance pour continuer à vivre : le Père Noël, La Fée des Dents et le Lapin de Pâques travaillent donc pour lui.
Au fil du temps, et avec l’aide de sa sœur, Rom, Nat tentera de contrecarrer les plans de Monsieur Setteur.
L’écriture de Senécal est, comme toujours, efficace et droit au but. L’histoire est intéressante, et j’imagine qu’elle fera frissonner les plus jeunes et pourra plaire aux plus vieux, même si le rythme est très différent de celui auquel Senécal nous a habitués. Les lecteurs attentifs pourront remarquer la petite référence faite à un roman précédent, comme Senécal le fait à tous ses livres. Au chapitre des petits points qui ont dérangé ma lecture, il y a les multiples notes de bas de page : l’auteur aurait dû utiliser des mots que les jeunes connaissent, plutôt que de donner des synonymes en bas de page (est-ce la faute de l’auteur ou de l’éditeur?)   


Les éditions de la Bagnole offrent, en plus du roman, un petit supplément appelé « Dossier Gazoline », qui comprend des appendices intéressants : on y retrouve une définition des romans d’épouvante, une « biographie » du bonhomme Sept-Heures ainsi qu’une explication de l’utilité des dialogues et du dénouement. C’est un must, et tous les romans de cette collection bénéficient du même traitement.

À noter que le livre a été réédité dernièrement, dans un nouveau format avec une nouvelle couverture. 
Bref, à lire pour compléter votre collection Senécal, mais gardez en tête que c’est un roman pour jeunes, sinon vous pourriez être déçu... Et si vous aimez, un autre roman jeunesse de Senécal a été publié par la suite!

mardi 2 octobre 2012

Là-haut sur la colline, Claude Bolduc


Un des meilleurs fantastiqueurs québécois!
Là-haut sur la colline - Claude Bolduc - Éditions Vent d’ouest - Roman-épouvante - Collection Ado Plus
Michel, transplanté de son petit village de Charlevoix, découvre les joies et les misères de la ville et plus précisément de la faune hétéroclite de son école : du grand un peu violent à la belle pitoune, Sophie, en passant par le skinhead et l’amant de la nature, la plupart des clichés ados sont en place.


Après quelques jours apparaissent l’étrange, l’épouvante et le fantastique par le biais d’une maison, dans la forêt derrière la nouvelle demeure de Michel.
À la fenêtre de la maison, Michel aperçoit la silhouette d’une jeune femme. Obsédé par la beauté de Sophie, puis par la jeune femme à la fenêtre, Michel se retrouvera pris dans une rivalité beaucoup plus profonde et importante qu’il n’aurait pu le croire, rivalité dont le dénouement « fantastique » est la clé du récit. Si le lecteur se doute assez tôt que la silhouette de la maison est de type fantomatique, la route vers l’explication finale se déroule lentement et l’on assiste à la descente aux enfers de Michel, prisonnier de l’influence des deux femmes sur sa vie.


Le récit est toujours centré sur Michel, par le truchement d’une narration extérieure, de ses rêves et de son journal intime, ce qui crée l’Effet d’être un peu perdu, comme l’est le jeune homme, qui en comprend pas ce qui lui arrive et ne semble pas réellement réaliser qu’il lui arrive quelque chose.
Dans le plus pur style de Bolduc, c’est direct, poétique et punché à la fois. Excellent roman plein d’ambiance, Là-haut sur la colline présente des personnages attachants. Bolduc n’a jamais fait aussi long, et pourtant, le roman s’essoufle à peine dans le deuxième tiers, avant de repartir en lion pour la fin haletante. C’est tellement fluide qu’on dirait parfois une très longue nouvelle. L’explication, dans la plus pure tradition fantastique, demeure incomplète et laisse volontairement quelques zones floues.
Bref, on en reprendrait... et on attend avec impatience la prochaine publication de l'auteur!

lundi 1 octobre 2012

Les lions d'Al-Rassan, Guy Gavriel Kay


La fantasy historique à son meilleur...
KAY, Guy Gavriel, Les Lions d’Al-Rassan, 1995 (édition française 1999), Beauport, Éditions Alire, 653 pages. Genre : Fantasy historique


Jehane bet Ishak, médecin, doit quitter Fézana, ville sous la férule d’Almalik 1er, car elle est en danger. Dans sa fuite, elle rencontre le capitaine Rodrigo Belmonte, venu chercher un paiement, et Ammar ibn Kairan, un poète aventurier. Jehane fait route vers Ragosa où elle espère pouvoir préparer sa vengeance contre Almalik. Elle y retrouve Rodrigo, exilé du Vallédo, et Ammar, exilé par le fils d’Almalik pour avoir tuer le roi.

Est-ce que, malgré leurs différences, Jehane, Rodrigo et Ammar vont éviter la guerre? Outre leur exil, ils partagent beaucoup. La guerre sainte se profile et ils doivent choisir leur camp : le Vallédo, l’Espéragne unie ou l’Al-Rassan? Nous avons droit ici à l’histoire de l’Espagne, alors que la péninsule, divisée entre musulmans (asharites, comme Ammar) et catholiques (jaddites, comme Rodrigo), tolère les juifs (kindath, comme Jehane) et est reconquise par les catholiques.


Ce roman d’aventure se rattache à la fantasy par l’apport d’une dimension épique et magique. Plus particulièrement, il s’agit de fantasy historique, qui s’apparente un peu au steampunk. Dans l’un, c’est une période historique qui est complètement recréée et changée; dans l’autre, c’est l’époque victorienne qui est revisitée. Kay, lui, met en place un autre monde qui ressemble à une période médiévale bien précise. Avec Tigane (l’Italie), Une chanson pour Arbonne (la France) et la Mosaïque Sarantine (Constantinople), il conte des aventures fabuleuses, grâce à sa plume toujours imagée et agréable à lire. Ses personnages sont vivants et intelligents; les lieux qu’il dépeint toujours complets et intéressants. Il réussit à amener beaucoup d’émotions dans les scènes clés de l’intrigue, par une description poignante d’actes héroïques ou simplement en nous entretenant de « l’histoire » des contrées dont il nous parle. 


vendredi 28 septembre 2012

Aliss, Patrick Senécal


Et si on parlait de Senécal...
Le romancier Patrick Senécal n’est pas le dernier venu en littérature de genre au Québec. Bien qu’il ne soit présent sur la scène littéraire que depuis peu, il a déjà fait sa marque.


Ex-enseignant en littérature au cégep de Drummondville, il est aussi écrivain depuis toujours. Il a publié deux premiers romans chez Guy Saint-Jean éditeur (5150, rue des Ormes et Le passager) avant de passer dans l’écurie Alire, où il a publié deux romans fantastiques qui ont marqué le genre : Sur le seuil, une terrifiante histoire du Bien et du Mal, et Aliss, une relecture originale du classique de Lewis Caroll. Il a ensuite repris ses deux premiers romans, en leur apportant quelques corrections, et il a finalement publié deux autres romans originaux, soit Les sept jours du talion (polar) et Oniria (fantastique). Il a été révélé au grand public grâce à son thriller Le vide, un pamphlet contre la télé-réalité, et grâce à Hell.com, un autre thriller. Il aura aussi publié des romans pour enfants, dont Sept comme Setteur, où il pervertit des personnages de contes pour enfants.


L'adaptation cinématographique de ses romans Sur le seuil, 5150 rue des Ormes et Les sept jours du talion participe à la popularité.
Attardons nous à Aliss...
Aliss, c’est l’histoire d’Alice, une jeune fille de Brossard qui décide de quitter le cégep et de se prendre un appartement à Montréal pour découvrir la vraie vie et la liberté. Elle prend le métro à la poursuite d’un homme pour lui rendre ce qu’il a perdu, et elle se retrouve dans un quartier qu’elle ne connaît pas. Rapidement, elle se perd dans cet univers étrange qu’est la ville, surtout que le quartier où elle a abouti n’est pas des plus reposants.


Elle prend sa place lentement, expérimentant différentes drogues et expériences sexuelles, tentant de comprendre le sens de la vie et de savoir qui elle est. Différents personnages croiseront sa route, mais elle sera obnubilée par la Reine Rouge, qui semble diriger le quartier. Elle vivra beaucoup de choses et en restera marquée à vie.
Senécal nous fait lire un véritable conte : il s’adresse au lecteur en début de chapitre et le mène par la main d’un chapitre à l’autre. Aussi, ce qui est intéressant, c’est le retour d’un personnage que l’on connaît déjà. Ici, c’est Michelle Beaulieu, la méchante adolescente de 5150, rue des Ormes, qui est la Reine Rouge et dirige le quartier. Selon Alice, c’est elle qui détient la vérité et qui est allé jusqu’au bout; la Reine Rouge est la surfemme et c’est comme elle que veux devenir Alice.
Bien sûr, des parallèles peuvent être tracés entre le roman de Senécal et celui de Caroll : après tout, l’auteur s’est beaucoup inspiré du grand classique qu’est Alice au pays des merveilles, un peu comme l'a fait dernièrement Tim Burton, dont le Alice au pays des merveilles est une adaptation très libre du roman de Caroll.
Vous savez ce que vous devriez faire dans les prochains jours? Lire Alice, l'original, Aliss, le remake de Senécal, et visionner Alice, de Burton.


Ah, et Senécal est revenu cet automne avec le second tome de Malphas, sa série comédie noire gore. Disons qu'après avoir lu Aliss, vous serez désensibilisé et pourrez tout lire de l'auteur!

jeudi 27 septembre 2012

Toi et moi, it's complicated, Dominic Bellavance


Comédie, roman moderne, super moment de détente!
L'auteur Dominic Bellavance fait partie de la génération de jeunes auteurs qui envahissent lentement mais sûrement le coeur des lecteurs québécois. Ayant publié une trilogie en 4 tomes intitulée Alégracia, aux éditions Les six Brumes, dans les dernières années, Dominic a rencontré des centaines de lecteurs dans les salons du livre de la province et s'est bâti un lectorat qui le suit sur les diverses plate-formes web qu'il exploite: son site Alegracia, Ti-texte.net, son blog Tu verras, clavier ainsi que son compte Twitter, son Facebook et son compte sur Goodreads. Dominic a diversifié ses interventions en ligne et aime expérimenter les différentes façons de rejoindre les lecteurs et de communiquer... Bien qu'il se soit retiré du net dans la dernière année, il a beaucoup réfléchi sur nos médias "sociaux". 


Est-ce que c'est cette raison qui l'a incité à écrire le premier roman québécois ayant pour sujet, pour thème et pour personnage principal Facebook? Étrange, non? Pourtant, ce qui ressort de son premier livre publié par la maison d'édition Coups de tête, une maison qui ose encore. Ce roman, c'est l'omniprésence, chez certains jeunes, de la vie virtuelle, de la vitrine où s'exposent des vies avec lesquelles on rempli le vide qui occupe les nôtres.
Le roman part d'une prémisse assez intéressant: Daniel ne veut pas afficher sur Facebook sa relation compliquée avec Véronique car il est toujours sur la drague. Sauf que... Véronique est insistante, Daniel a frenché une autre fille dans un party, des vidéos étranges se retrouvent sur Facebook, le genre de vidéo qui mettent Daniel sur la piste d'une fille, Anne-Sophie, qui semble lui en vouloir...


Critique dans "Le libraire"

Daniel, accroc du réseau social, qui met son statut à jour aux 2 minutes, qui clavarde sans arrêt sur son ordi ou son Iphone, tentera d'en savoir plus et de courtiser Vicky, sa nouvelle flamme, par le biais du réseau...
C'est compliqué? Non, pas tant que ça. C'est la vie des jeunes adultes d'aujourd'hui, qui vivent sur le web... et c'est aussi une réflexion de Dominic Bellavance sur notre relation au virtuel, notre façon d'utiliser et de vivre les réseaux sociaux. Le roman est très drôle, divertissant, et se lit à toute vitesse: ce n'est pas un thriller, mais on ne peut pas arrêter tellement on veut savoir ce qui va arriver à Daniel, avec toutes ses manigances.


Soulignons au passage le travail de composition infographique à l'intérieur du roman, pour les séances de clavardage et les mises à jour de statut... Seul hic qui peut s'installer avec le temps: les fonctions d'un site internet aussi dynamique que Facebook changent rapidement et le roman sera, d'ici quelques années, dépassé. 
Vous avez l'eau à la bouche? Après avoir lu l'extrait (juste ici) et visionné la bande-annonce (ici), vous vous précipiterez chez votre libraire pour dévorer ce petit bijou. 
Et achetez donc Roman réalité, son deuxième roman chez Coups de tête, un coup parti! Vous ne le regretterez pas non plus! 

mercredi 26 septembre 2012

En d'sous, Sunny Duval



Un musicien qui confie sa vie de tournée sous forme de récit...
Sunny Duval est un guitariste québécois qui est membre, entre autres, des Breastfeeders... Écoutons une chanson, juste pour nous mettre dans l'ambiance...
Le clip vous donne une idée du personnage. François "Sunny" Duval est un trifluvien d'origine qui roule sa bosse depuis un moment dans le monde artistique. Il a été engagé il y a quelques années pour le cahier LP2 de La Presse, une sorte de concurrent du Voir, pour donner son point de vue sur le monde underground.


 Les chroniques ont été réunies dans En d'sous, littéralement "underground". On y suit Sunny, amoureux de sa Vieille Ville sale, qui parle de ses shows, de sa vie de bohème, de ses amis et de leurs aventures. Le roman est rempli de clin d'œils comiques, de blagues et de boutades qui permettent de saisir l'essence du personnage qu'est Sunny Duval.


Une belle surprise signée "Coups de tête", la maison d'édition la plus "in" au Québec présentement, avec la publication récente du premier roman de Caroline Allard (dont je vous parle bientôt!)


mardi 25 septembre 2012

Marzi à Marzi, Pascal Leclercq


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Marzi est de retour dans une seconde aventure..
J'ai tardé avant de lire la suite, qui m'intéressait plus ou moins: je n'avais pas vraiment apprécié le premier volume, Marzi et Outchj.
Ici, Marzi, maintenant grand patron de la compagnie mafieuse héritée de son père, se cherche un peu. Il se retrouve donc avec un objectif en tête: se rendre dans la ville de Marzi, en Italie, à la quête de ses ancêtres, même si finalement, il s'agit plus d'un fantasme que d'une réalité. Sur sa route, il dépouillera un homme au poker (qui deviendra un personnage important) et croisera un chef mafieux italien, qui l'obligera à travailler pour lui et à épouser sa fille, qui finalement est un fils, avec qui Marzi aura mal à pâtir. Marzi sera poursuivit par des mafiosos et découvrira que sa mère ne le laissera pas fuir ses responsabilités ainsi... à moins qu'elle ne prenne les choses en mains et tente de l'éliminer, pour prendre la tête de leur petite entreprise maison?
Ce volume est plus drôle que le premier: l'humour est mieux dosé, les situations cocasses rachètent les invraisemblances... mais je persiste à dire qu'en BD, ça serait sûrement beaucoup plus drôle et pertinent.
Bref, pas mon livre préféré, loin de là. Mais je suis moins déçu que du premier volume.

lundi 24 septembre 2012

Soixante-six 2: Le cercueil de cristal, Michel J. Lévesque


Les aventures d'Alexia Lincoln et de Jack Soho continuent!

Alexia Lincoln commence à comprendre qu'il se passe quelque chose d'anormal dans la petite ville de Tea-Walls lorsqu'elle s'éveille de nouveau dans sa maison d'un quartier riche, après avoir vécu un épisode où elle était très pauvre. Mais on lui a dit que tout redeviendrait comme avant à son réveil. Elle découvre rapidement que c'est faux: tous les adultes de Tea-Walls semblent se liguer contre elle et ses deux comparses, Ian Barstow et Nick Amboy. Elle sait maintenant que les deux garçons ne sont pas qui elle croit: si l'un est Edmond Dowty, militaire envoyé pour la sauver, l'autre est Lancaster Bell, tueur à gage qui doit la supprimer.
Les trois camarades tentent de se sauver de Tea-Walls, supportés par un allié mystérieux, Fletcher Christian, qui les guide grâce à des textos.
De l'autre côté, Jack Soho continue de fuir les zombies qui ont envahi Hastings Horizon avec ses demi-frères et sa demi-soeur. Ils ont, à la fin du tome 1, sauvé les deux fils du shérif Gardner et ont été retrouvés par Joanna Ceasar, qui se trouve à être l'ex-femme de Jack. Pris par surprise par la compagnie L et L, qui a pour mission de les tuer, et acculé au pied du mur par les zombies, Jack reçoit un curieux appel de Fletcher, qui lui propose de l'aider. Et, miraculeusement, des armes apparaissent dans les mains des comparses de Jack, et les rôles se retrouvent inversés.


Ce miracle laisse le lecteur perplexe, et c'est bien l'une des forces de l'auteur dans ce roman: le lecteur se questionne, mais oublie vite ses interrogations pour continuer à vivre l'action effrennée, jusqu'à ce que les réponses rappellent les questions.
Ce qui donne à ce tome sa grande qualité sont les scènes du passé de Jack Soho, qui sèment des indices pour nous faire comprendre que l'univers dans lequel Jack baigne n'est peut-être pas aussi simple qu'on le croit. Fletcher Christian lui donne une mission: se rendre à une tour pour y sauver Alexia.
Les deux trames, celle de Jack et celle d'Alexia, convergent vers cette rencontre, les trois ados cherchant la sortie de la tour et Jack cherchant à y entrer, les deux camps étant aidés par F.
Et on comprend, comme on avance, qu'il est question d'univers virtuels, de simulations informatiques et de science-fiction mêlant pouvoirs psy et gadgets.


Le système vaticinateur fait son apparition et le clan Shattam , maître d'oeuvre de toute la conspiration, se définit de plus en plus.
Pas besoin de vous dire que j'ai adoré le rythme, les personnages et les situations. Cette histoire tordue, à plusieurs niveaux de complexité, est peut-être difficile à saisir pour les ados, mais elle plaira aux amateurs de tous âges adeptes des histoires qui mènent les lecteurs en bateau.
Bientôt, le tome 3!

mercredi 19 septembre 2012

Kamo, L'agence Babel, Daniel Pennac


Un roman jeunesse?
Daniel Pennac,auteur connu entre autres pour ses Droits du lecteur, a commis une courte série de romans jeunesse intitulée Kamo.


Celui que j'ai lu s'appelle L'Agence Babel et elle raconte l'histoire du pari que Kamo fait avec sa mère: elle gardera son emploi trois mois. Si elle réussi, Kamo aura 3 mois pour apprendre l'anglais.
Pari tenu.
Kamo aura alors l'aide de l'Agence Babel, une agence de correspondance. Il parlera avec Cathy et ils échangeront des lettres, jusqu'à ce que Kamo réalise que sa belle Cathy lui écrit du passé... Il décide, avec l'aide de son meilleur ami, de découvrir ce qui se cache sous le couvert de l'Agence Babel...


C'est un livre intéressant que Pennac nous livre ici, quoique complexe pour un lecteur du primaire. En effet, le narrateur est le meilleur ami de Kamo, un garçon qui relate mais est peu impliqué dans l'histoire, ce qui amène une étrange distance entre le lecteur et le déroulement. De plus, Kamo semble légèrement naïf à certains moment et très perspicace à d'autres, ce qui est déstabilisant.


Mais c'est une lecture qui surprendra le lecteur qui prendra le temps de s'y plonger.

mardi 18 septembre 2012

Connais-tu Cléopâtre?, Johanne Ménard



Intéressante collection pour les élèves de 10-12 ans


Je connaissais la collection Savais-tu que? qui s'adresse aux enfants un peu plus jeune, mais c'est avec une grande joie que j'ai découvert la collection Connais-tu? des éditions Michel Quintin.



Le concept est simple: on nous présente, à travers des gags, le personnage dont il est question, ici Cléopâtre. Anachronismes, références d'aujourd'hui, illustrations efficaces: c'est une recette gagnante. Bien sûr, les clichés connus y passent (le nez de Cléo...) mais le lecteur adulte y trouve son compte. Les gags sont pour les enfants mais font sourire l'adulte

Cléo dans Astérix et Cléopâtre

Je me demande à quel point certaines blagues sont bien ciblées (La madame était contente et Wall Mart, c'est pas tant pour les enfants que c'est une référence comique) mais c'est avec plaisir que je tenterai l'aventure des autres volumes de cette collection (à commencer par Barbe Noire). Un petit dix minutes de divertissement et une belle référence pour enfants dans la bibliothèque: quoi demander de mieux?




lundi 17 septembre 2012

Perdu dans la brume, Bernadette Renaud


Un roman touchant.
Je ne connaissais pas Bernadette Renaud avant la lecture de ce roman... mais je sais maintenant que c'est elle qui a écrit le roman de Bach et Bottine. J'ai lu le roman Perdu dans la Brume avec curiosité, loin d'être convaincu, au départ, de l'intérêt que j'y trouverais.


Et j'ai été agréablement surpris. Voici le résumé provenant du site de l'éditeur: "Perdu dans la brume, Hugo, 16 ans, l'est assurément. Lui qui a toujours vécu à Montréal se retrouve parachuté à la campagne chez Maurice, son grand-père. Aussi bien dire chez un étranger. Laissé à lui-même, sans repères ni explications, l'adolescent se sent à la fois trahi, blessé et intrigué. Tant de mystères planent autour de sa famille... Pourquoi sa mère l'a-t-elle chassé de la maison ? À quoi Maurice occupe-t-il ses journées, lui qui disparaît aux aurores sans rien dire ? Et surtout, quel drame bouleversant cache la bisbille entre le grand-père et le père d'Hugo ?


Au-delà des reproches et des non-dits, c'est la naissance d'une passion commune qui permettra à ces deux hommes que tout oppose de se rejoindre enfin. Une passion hautement décriée par Élodie, la nouvelle blonde d'Hugo... Qui a dit que la vie serait simple ? "
L'histoire de la relation entre Hugo et les adultes (en premier plan) puis entre Hugo et sa copine (en second plan) est primordiale dans ce roman et s'avère très intéressante. Hugo l'ado branché rencontre son grand-père rustre et plutôt traditionnel (pas Internet, pas de cellulaire) qui s'absente souvent en cachette. En fait, ce qu'Hugo rencontre, c'est la chasse, la dure vie de la chasse. Il découvrira le poids du fusil dans ses mains et sera confronté aux préjugés et à l'incompréhension de certains face à la chasse. La relation entre père et fils est explorée ici de brillante façon: c'est le grand-père face à son fils, par le biais de son petit-fils. Hugo ne connaît pas vraiment son père et apprendra pourquoi et comment s'est passée la cassure.


Mis à part quelques glissements de points de vue qui pourraient déranger certains lecteurs (ha! le narrateur omniscient qui glisse d'un personnage à un autre sans avertissement dans un même paragraphe!), Perdu dans la brume offre un bon moment de lecture pour ados ou pour adultes, pour la psychologie des personnages et pour en apprendre un peu sur la chasse!

vendredi 14 septembre 2012

Comprendre l'hindouisme, Alexandre Astier


Plus vieille des cinq grandes religions du monde, l'hindouisme vous révélera ici quelques secrets.
Les spiritualités, religions ou philosophies asiatiques attirent de plus en plus d'occidentaux. C'est vrai du bouddhisme en particulier, mais aussi de l'hindouisme, beaucoup plus méconnu que sa petite soeur mais pourtant tout aussi fascinante.
Le livre Comprendre l'hindouisme est intéressant à plusieurs niveaux. Écrit par Alexandre Astier, un professeur de lycée spécialisé dans l'histoire religieuse de l'Inde, le volume présente la religion dans ses fondements et son histoire. L'introduction du livre présente un tableau résumant les différents courants de l'hindouisme, ce qui permet d'avoir un aperçu de cette religion plus complexe qu'on peut le croire.


J'ai beaucoup apprécié la première partie, intitulée Aux origines de l'hindouisme, car c'est toujours ce qui est fascinant, dans une religion, de tenter de comprendre comment elle est née. L'analyse plutôt froide de l'auteur, qui présente le fait historique en nuançant ce qui relève des conjectures de ce qui est considéré comme véridique. Pour un néophyte comme moi, qui ne possède pas beaucoup de connaissances historiques sur cette partie du monde, cette partie est un petit bijou qui aide à situer les débuts de cette grande religion. Le troisième chapitre, intitulé Les dieux védiques, est une véritable mine d'information pour les auteurs en herbe qui cherchent à définir des dieux en fantasy.
La seconde partie, Le coeur de l'hindouisme, entre dans le vif du sujet avec une analyse des "nouveaux' textes sacrés (si on compare avec les textes fondateurs, bien sûr) mais ma section préférée traite encore une fois des Dieux. Les dieux hindous sont nombreux, et le livre en donne un aperçu, avec en plus un joli petit tableau regroupant quelques dieux et déesses importants (car l'hindouisme est la seule des grandes religions du monde à avoir des femmes au niveau de la divinité!). Vous apprendrez donc à connaître Vishnu (et son avatar Krishna), Brahma, Shiva et leurs copains, dont Ganesh, que vous avez sûrement déjà vu des dizaines de fois dans Les Simpsons (laissez-moi faire un petit aparté ici: pour entendre une histoire de la création de Ganesh de façon très intéressante, référez-vous à Eric Gauthier et à son recueil de contes Terre des pigeons).


Finalement, deux autres chapitres sont assez intéressant à cause de leur thématique: le huitième analyse le système de castes, véritable système de contrôle de la population, et le neuvième présente les philosophies hindous, qui ont, étrangement, un grand lien avec la logique et l'analyse scientifique du monde (à vous d'en lire plus pour comprendre!)
La dernière partie aborde le détail de quelques "sectes" modernes hindous, mais il faut bien comprendre que secte ici n'est pas utilisé en mode péjoratif, comme pour les sectes néo-chrétienne de nos horizons, mais dans le sens de regroupement partageant des croyances plus spécifiques à propos d'une religion. La nuance est importante.


Bref, l'ouvrage est une bonne introduction à l'hindouisme, mais est tout de même légèrement ardu à lire, surtout au début. Il n'en demeure pas moins qu'il ne fera pas rougir de honte votre bibliothèque!

jeudi 13 septembre 2012

Le reflet de la glace, Geneviève Drolet



Deuxième roman de l'auteure.
Le reflet de la glace



C’est une narratrice, qui perd ses parents alors qu’elle n’est qu’adolescente. Elle est recueillie par sa tante, jeune adulte, et sera donc initiée à la vie adulte par les excès de celle-ci. Arrive dans le décor le copain de la tante, Otto, et un ami de celui-ci, Damian, qui succombera pour l’adolescente, maintenant âgée de 17 ans.
Elle connaîtra les joies de la chair avec ce Damian... et ainsi commencera cette histoire. Une histoire de chair et de sang, mais aussi de tête et de coeur.
Elle baignera dans le sexe, sera abusée, se sauvera dans un autre pays faire la paix avec elle-même, deviendra mannequin et actrice. Retrouvera son Damian, renouera avec lui, rencontrera son voisin, qui l’attirera à lui. Jusqu’à ce que la maladie frappe aveuglément et que son destin en soit encore modifié.


Raconté avec doigté, d’une plume magnifique, qui nous emporte, littéralement, sur son souffle constant, cette histoire est celle de la découverte de soi et de la sexualité, ou de soi par la sexualité. C'est aussi une exploration des limites de l'amour. La distance, le temps qui passe, mais aussi la maladie. La question qui sous-tend le roman est de savoir jusqu'où peut-on aller par amour pour l'autre. Peut-on aimer même si l'on trompe l'être cher? La maladie rapproche-t-elle ou éloigne-t-elle deux amoureux?
Geneviève Drolet relève avec brio le défi d'aborder plusieurs sujets profonds avec des personnages complexes et tourmentés. Chapeau pour cette fresque touchante et dérangeante.

mercredi 12 septembre 2012

Soixante-six 1: Les tours du château, Michel J. Lévesque


Une nouvelle série d'un auteur jeunesse parmi les plus en vue au Québec!
Michel J. Lévesque, avec cette série, délaisse la fantasy urbaine et cède la place à l'anticipation et à l'action pure et simple à la mode horreur.

Dans Soixante-six, Les tours du château, l'auteur raconte d'abord, en prologue, l'histoire de la belle aux bois dormant. Étrange, non? En fait, le conte prendra sa signification un peu plus tard.
Ensuite, la narratrice du roman, qui nous dit s'être déjà appelée Alexia Lincoln, est maintenant plus vieille et nous relatera les événements qui se sont déjà produits. Dès le départ, Lévesque nous annonce ses couleurs: nous aurons droit à un récit où la narratrice commentera parfois les événements qui nous seront racontés. Et une partie du mystère du roman proviendra des personnages masculins, que Lexia nous présente dès le départ: Jack Soho, Edmond Dowty et Lancaster Bell.
Mais cessons de nous intéresser à l'enrobage et plongeons dans le vif du sujet: Lexia est une adolescente de 17 ans habitant à Tea Walls, une petite ville américaine où le lycée est rempli de clichés ambulants, à commencer par Lexia elle-même, chef des meneuses de claques et petite amie du quart-arrière, Ian Barstow. Elle est amie avec d'autres jeunes filles riches et prétentieuses et ennemie des petits nerds qui adorent l'informatique, dont Nick Amboy, quadriplégique. Après la mort de trois ados de Tea Walls, le monde de Lexia commence à changer et elle réalise que la vie dans sa petite ville tranquille n'est peut-être pas aussi belle qu'elle le croyait.


L'histoire de Lexia alterne avec celle de Jack Soho, un bandit notoire de la ville de Hastings Horizon, en Californie. Soho se retrouve, avec ses deux frères et sa soeur, dans une course contre la montre où la survie prime: des zombies ont envahi la Californie. Des mercenaires tentent de faire la peau de Jack alors qu'il tente de tirer sa famille de cette invasion.
On s'en doute, les deux histoires finiront par se rejoindre, mais quand et où, impossible de le savoir à la lecture du seul premier tome. Par contre, le roman ne manque pas de rebondissements, à commencer par les nombreuses péripéties vécues par Jack. Oui, les personnages sont clichés et les situations le sont tout autant (ah... les savoureuses répliques de films!), mais le tout nous arrache quelques sourires. Le lecteur trouvera son compte dans ce roman intriguant: Lexia, en cours de route, verra l'illusion qu'est sa vie perdre de sa texture et comprendra une partie de la vérité cachée.

Dans Les tours du château, Michel J. Lévesque fait encore bon usage des technologies qu'il imagine: les sleeping beauty sont une invention tout à fait brillante, et l'utilisation d'un téléphone cellulaire et de message texto permettent aux personnages de savoir comment se diriger dans leur univers labyrintique.
Au final, se plonger dans Soixante-Six est une source de plaisir garanti. Le lecteur adulte trouvera peut-être légèrement juvénile le traitement de l'histoire, mais la complexité qu'on entrevoit dans la trame du récit suffira à l'accrocher jusqu'au bout.
Vivement le second tome!