mercredi 26 juillet 2017

Bienvenue à Spamville, de Dominic Bellavance

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Bienvenue à Spamville, c'est un roman humoristique qu'on ne peut pas classer dans une catégorie précise, parce que c'est différent de tout.

Dans ce roman, la technologie omniprésente amène des virus domestiques qui s'attaquent aux maisons. Cela force le personnage principal, Julie, à quitter son appartement le temps qu'on décontamine le logement. Elle décide d'aller à la recherche de son amie Karine, exilée à Saint-Patrice-de-l'Ancienne-Montagne.

Là-bas, chaque personne correspond à une application, un programme, un terme informatique.

Le maire s'appelle Googueule et possède des bases de données.
Les gens n'ont pas le téléphone, mais des hauts-parleurs sur leur toit, le système "Touit-heure".
Au Bar Rapide, le barman sert la bière selon la bande passante que vous payez. Il s'appelle B.Handwith...


Une série de meurtre secoue le village perdu: la meurtrière, Nathalie Aker, s'attaque aux étrangers en premier. Julie et sa coloc sont donc tour à tour à risque, victimes potentielles, accusées, secourues... par une galerie de personnages étranges.

Et l'identité de la meurtrière? Elle sera connue à la toute fin, bien sûr!

Et le tout, sur un ton léger, cache une réflexion sur la présence des médias sociaux, des technologies, du paraître et de la propension à rendre publique notre vie privée à toutes sauces (ce qui rend très ironique de publier un billet de blogue sur le roman et de le diffuser sur Facebook, Twitter et LinkedIn).

(Note: ma lecture date de 2016, mais je suis certain que le roman est encore tout-à-fait d'actualités!)


dimanche 23 juillet 2017

Naufrage, de Biz

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Naufrage, c'est un roman bouleversant, un drame humain, qui s'annonce comme une dramédie sur le monde du travail et le sentiment d'être mis à l'écart beaucoup trop tôt, et qui devient un véritable drame quand le manque de motivation devient l'élément déclencheur d'une tempête dramatique.

Frédérick, un fonctionnaire père de famille, est envoyé aux Archives, au ministère où il travaille, et le rythme trop calme de cet emploi le tue à petit-feu et ce sera le premier pas vers la mort d'un être cher de son entourage, mort qu'on lui mettra sur les épaules.

Dans ce court roman, la seule chose qui ne fonctionne pas, c'est le détachement que le personnage cause par son vocabulaire trop ampoulé, doublé d'un esprit analytique qui ne lâche jamais. On aurait pu être plus troublé par les événements, mais les "beaux" mots sont toujours là pour nous rappeler qu'on lit un roman et non pas qu'on vit une histoire.

L'impression qui est ressort, c'est qu'on entend Biz qui nous parle et non pas le personnage.

Sinon, j'ai beaucoup aimé l'histoire et la manière dont le drame est amené, la manière de montrer qu'une crise professionnelle n'est jamais bien loin d'une crise personnelle.

(voici ce que j'ai noté sur Goodreads)


NaufrageNaufrage by Biz
My rating: 4 of 5 stars

Récit touchant, poignant, qui se perd un peu en digressions, mais qui dérange, déstabilise et démontre une belle sensibilité. Si ce n'était du vocabulaire parfois pompeux (qui donne l'impression que l'auteur s'écoute écrire en se disant "Ah oui, j'ai vraiment trouvé un mot étrange à placer ici!") je donnerais 5 sur 5, mais ça brise le rythme.

Somme toute, j'ai beaucoup apprécié, d'où la note de 4 sur 5!

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mercredi 10 avril 2013

Sympathie pour le destin, Alain-Ulysse Tremblay

La saga hyper-réaliste d'Alain-Ulysse Tremblay continue!


Carl Hébert se réveille un matin le pied tellement enflé qu'il ne peut plus marcher! Il se retrouve à l'hôpital, où il rencontrera Elvis (La vie d'Elvis) et Monique (La valse des bâtards), ainsi qu'une galerie de personnages, qui seront prétexte à ses réflexions sur la vie, la sienne et celle des autres.

À travers les examens, les visites de sa famille, ses conversations avec Elvis, Carl réfléchit et trace son bilan. On ne peut résumer plus, si ce n'est que la fin est saisissante!

C'est toujours l'écriture douce mais musclée de Tremblay qu'on retrouve dans ce roman. Plutôt que d'être au "je" comme "La vie d'Elvis", on est ici au "il", mais du point de vue de Carl, un peintre qui voit la vie en couleurs.


Le roman nous offre aussi une réflexion sur la vie d'artiste, sur la mort, la maladie, l'adultère...

Comme pour les 2 romans précédents, ça se lit comme un charme, et le drame est toujours aussi intéressant. C'est plaisant de voir du drame et de l'émotion dans une histoire mettant en scène des hommes, tous virils qu'ils soient, mais qui nous parlent avec beaucoup de sentiments dans la voix.

lundi 8 avril 2013

Big Will, Alain-Ulysse Tremblay

Comment dire... WOW!
Soufflé. Transporté. Flabergaster. Abasourdi.

Big will, d'Alain Ulysse Tremblay, est l'un des rares romans que je n'ai pas réussi à lâcher une fois commencé.

Big Will, c'est le nom d'un personnage secondaire rencontré dans "La vie d'Elvis" et "Sympathie pour le destin". Amérindien Cree de la Baie James, il fait sa vie, après quelques meurtres (justifiés) dans son village, il se sauve, avec Yago, un peu plus jeune que lui, dont il vient de tuer le père.

Ils travailleront dans un bar ambulant, le Paradis, sillonnant le nord du Québec pendant plusieurs années, avant que Big Will ne se retrouve sur un pétrolier, à l'autre bout du monde, jusqu'à son retour au Québec, où sa quête d'identité le portera finalement à Sept-Iles et aux États-Unis, à la recherche des bêtes de son passé. Will se sent investi par le Wendigo, bête sanguinaire du folklore amérindien, et il hallucine que les fantômes des gens qu'il tue le suivent et lui veulent du mal. Mais détrompez-vous: ce n'est pas une histoire de fantôme ni un récit fantastique, car Will y croit, lui, à ces fantômes.

Pour lui, ils sont réels.

Nous suivrons Will sur une bonne partie de sa vie d'adulte, (mais pas jusqu'à la rencontre avec les personnages que nous connaissons déjà), et le drame sera toujours enlevant, palpitant et poignant.

Le roman est excellent, mais c'est lors de l'épilogue, où l'auteur prend la parole à la place du narrateur pour nous expliquer qui était réellement Big Will que le récit prend tout son sens, qui transcende le roman même pour devenir une partie du réel.

Des romans comme ça, on en prendrait n'importe quand.

mercredi 3 avril 2013

Les chaines du Léviathan, Jonathan Brassard

 
Les chaines du Léviathan

Jonathan Brassard



Les nouvelles éditions Coups de tête lancent de nouvelles parutions ce printemps avec un look légèrement différent et une nouvelle mission : publier du roman noir, sous toutes ses formes.

J'ai donc aborder le roman Les chaines du Léviathan avec beaucoup d’attentes, car le résumé était des plus intrigants : dans un champ, près de Rimouski, un géant de 26 mètres de long, qui a émergé du fleuve, est couché. Toujours vivant, il ne bouge presque pas et est enchaîné pour l’empêcher de retourner vers le fleuve et de tout détruire sur son passage. C’est dans ce champ que Charles Saint-Laurent fera un pari ridicule dans un jeu inventé par lui et ses amis : le perdant du jeu devra porter un manteau de jeans et des bas-culottes pour le restant de ses jours, sauf à la maison. Charles perd et entend honorer sa parole.



Il est ostracisé, d’abord par les gens de sa ville natale, ensuite par les Montréalais, qui peinent à accepter sa différence, malgré tout le multiculturalisme de la métropole. Jusqu’à ce que Charles rencontre un documentariste et que tout s’enchaîne pour qu’il se libère de ses propres chaines.



Disons-le d’emblée : le roman est excellent. La présence du Léviathan nous amène dès le début dans un univers légèrement décalé qui laisse plus facilement accepter l’obstination de Charles à porter son accoutrement ridicule pendant des années. Il y a une grande absurdité dans le roman, mais dirigée avec tant de doigté que le lecteur est happé et se laisse à croire que le ridicule de la situation est logique et acceptable. Mais surtout, l’auteur nous amène, de sa plume habile, à nous attacher à Charles et à le voir avec un sourire en coin, avec un mélange de pitié et d’envie de le secouer pour qu’il se réveille.



J’ai vécu un bon moment de lecture et j’espère relire la plume de Brassard dans un avenir rapproché. Bref, une belle découverte.

lundi 1 avril 2013

Un chien de ma chienne, Mandalian


Le numéro 14 de la collection Coups de tête: un polar nouveau genre!
Je poursuis ma mission de commenter tous les romans de la collection Coups de tête avec le numéro 14. J'avais lu Un chien de ma chienne à sa sortie, en 2009 et j'en gardais un souvenir mitigé. En fait, pas mal tous les romans de cette saison du printemps 2009 de Coups de tête m'ont laissé un souvenir flou. Mais allons-y un livre à la fois!
Évidemment, plutôt que de commenter le livre à partir de mes souvenirs, j'ai relu le livre. C'est bien l'avantage des courts romans d'environ 100 pages!


Donc, Un chien de ma chienne met en scène François, qui se fait frencher par une jolie fille à l'extérieur du party, une dénommée Francesca, qu'il perdra de vue... mais il décidera de la suivre, allant même jusqu'à prendre l'autobus pour Sherbrooke, où ses amis le remettront sur la piste de la jolie, dans une maison de production de drogue dans la forêt Sherbrookoise. François et Francesca se rencontreront et cette rencontre changera la vie de François...
La structure du roman est simple: un prologue et un épilogue avec narrateur extérieur, qui présentent la même scène mais avec plus de détails dans l'épilogue, et le roman proprement dit est narré avec un "je" qui est François. Il parle en courte phrase syncopées, souvent sans sujets (il va directement au verbe) et nous raconte ce qu'il voit et agrémente le tout de commentaires.
Ce n'est pas désagréable de partager ses pensées, même si parfois il peut paraître antipathique, ce qui le rend plus humain. François est littéralement obsédé par Francesca, mais il ne se doute pas que cette dernière et Jacques, une connaissance de François qu'il croise à Sherbrooke, ont une longue histoire qui explique bien des agissements.


Un chien de ma chienne est un roman qui n'est pas mauvais, mais qui se termine par la mort du "je" narrateur... Dans un polar, c'est étrange et légèrement déplacé, considérant que le narrateur nous dit lui même qu'il meurt. Ce genre de finale dans un roman fantastique demeure possible, mais dans un polar... L'autre truc qui accroche, c'est la quantité de fils qui pendent encore à la fin, sur les relations entre Francesca et Jacques, par exemple, et le pourquoi des morts, qui n'est pas claire.
Sinon, lorsqu'on s'est habitué au rythme des phrases et à la structure du parlé de François, c'est une lecture divertissante, trash, baignée d'alcool, de drogue et de fornication, dans la pure tradition Coups de tête.

jeudi 28 mars 2013

Sa propre mort, André Marois



Un roman policier à lire.
Clara est une jeune femme brisée par la vie: elle a quitté Montréal pour Paris dans l'intention d'oublier ce qui lui est arrivé. Elle a fuit, même si Internet n'est jamais bien loin. Dans un monde où les réseaux sociaux permettent de tout partager, Clara se tient loin de ces bêtes que sont Youtube, Facebook, Twitter, Pinterest et tutti quanti. 


Mais la venue de son frère à Paris l'amène à élaborer un plan pour se venger. Grâce au compte de son frère sur Facebook, elle réussit à glaner des informations intéressantes sur ceux qui l'ont brisée. Elle retrace ainsi A et B, les deux compables, et décide de les éliminer. Le premier aura l'air de s'être suicidé, le second aura l'air de s'être fait tué. Le message sera clair, quitte à ce que Clara se fasse pincé. Mais voilà: en mourrant, B révèle qu'il y a quelqu'un d'autre d'impliqué, quelqu'un qui a dirigé les gestes de A et B.
Clara repart en quête pour éliminer ce troisième larron, non sans avoir rencontré un policier craquant, qui enquête sur la mort de B.


Un policier qui a l'oeil et qui reçoit un peu d'aide d'une source inconnue... qui se fait piéger. Le policier comprend ce qui s'est produit il y a cinq ans, et c'est la course folle: qui de Clara ou du policier arrivera à temps au dernier coupable? Sera-t-il sauvé ou mourra-t-il? Clara survivra-t-elle?
Sa propre mort est réglé au quart de tour. C'est un thriller policier: on ne suit pas une enquête tout au long, mais il y a un sentiment d'urgence assez puissant qui se dégage du roman. L'alternance entre les scènes du présent et celles du passé rendent Clara plus entière, plus complète: on apprend ce qu'elle a subi par le biais de scènes du passé ou de scènes d'un point de vue extérieur, ce qui amène une profondeur au roman. André Marois sait raconter une histoire, il sait mener son lecteur directement au coeur de l'intrigue. Doté d'une plume vive et précise, sans concession, Marois a commis ici l'un des meilleurs romans policier de la dernière année. Comme il l'avait déjà démontré dans Les Allergiks, André Marois prouve ici qu'il est un auteur de talent et une valeur sûre pour le polar d'ici.